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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 13:07

matthias

 

On a tous plus ou moins souvenir de ce fameux jour, ce moment où le virus de la pêche nous a contaminé.

 

Je n'ai pas eu la chance d'avoir un papa passioné de pêche et je n'avais personne dans mon entourrage qui pratiquait la pêche telle que je voulais la pratiquer. Je baignais dans une profonde ignorance de l'existence de la pêche aux leurres. Et puis un jour, devant ma Tv, j'ai vu débarquer un mec, la tête pleine de dreadlocks, pêchant en casting sur les bords du Rhin avec des leurres japonais et enchainant les release. Tout celà contrastait tellement avec l'image que j'avais de la pêche, que j'en fus marqué à vie. Voilà que j'avais décidé de me trouver une nouvelle passion et ce type en était en partie responsable !

 

Puis à force de recherche, je mettais enfin un nom sur ce spécimen: Matthias Lothy, ou plutot appelé "Tias" par ses potes alsaciens.

 

Mais à ma grande surprise, Matthias ne cassait plus les dents aux aspes du Rhin mais habitait désormais la région bordelaise où Sandres, Perches et Black bass n'ont pas mis longtemps à le connaître. Matthias est aujourd'hui rédacteur pour le magazine Predators. Il participe encore aujourd'hui au défi ouest (qu'il a déjà gagné dailleurs), épaulé par ses partenaires Big Bite Baits et Leurredelapeche.

 

Le dernier article de Matthias dans Predators sur la façon d'approcher sa pêche et sur les mauvaises habitudes que nous prenons, atteste de toute la réflexion et du chemin qu'a parcouru Matthias au bord de l'eau. Il fait parti des rares pêcheurs connaissant par expérience les divergences entre les pêches du sud et celle du nord, si différentes dans notre pays.

 

J'étais convaincu que Matthias accepterait notre petite interview et qu'il ferait mouche (faute de leurres) à chacune de mes questions...

 

L'endroit que tu préfères le plus au monde

L’endroit que je préfère le plus au monde c’est sous l’eau, depuis tout petit j’aime être sous l’eau, l’apnée, la chasse sous-marine, la natation ont bercé mon enfance et si il y’a un endroit que j’aime le plus au monde… c’est sous l’eau.

 

Si tu devais te réincarner en poisson, lequel ?

Si je devais me réincarner en poisson je serai un poisson qui n’a pas de prédateur naturel, qui ne subit pas de pression de pêche et qui résiste aisément au changement, en y réfléchissant je serai un barbeau, quoi que je le suis déjà sûrement… Plus sérieusement j’admire ce poisson de part sa beauté, son  calme et surtout sa puissance, de plus le barbeau est très peu pêché et rarement mangé.

 

bisch 05.2006 090

 

Si tu étais une façon de pêcher...

Je ne serai pas trop te dire car en réalité j’ai plusieurs facettes dans la pêche et les deux sont diamétralement opposées. J’apprécie autant les pêches de bourrin à treuiller des fish dans le cover, que les pêches plus calmes et stratégiques comme la pêche à la mouche et les pêches du sandre. Si je devais être une façon de pêcher je devrai donc être surement une pêche qui se rapproche le plus de ça et donc même si je ne l’ai encore jamais fait (c’est mon rêve) je serai la pêche du tarpon à la mouche car elle allie le sens de l’observation, la patience, la pureté du geste mais aussi la brutalité du combat.

Ta dernière fierté ?

Si on parle de fierté personnelle je dirai mon entreprise J Works qui fabrique des vêtements et notamment notre propre marque maka que je vous invite à découvrir sur makaclothing.com. Par contre si tu me parle de pêche je te dirai la belle série de sandres de + de 90 cm que j’ai pu faire en décembre avec notamment ce qui est devenu mon personnal best le Cane Thumper BBB. 

 

cane thumper

 

Si tu étais une saison...

Si je parle de ce que j’aime, sans hésitation je dirai l’été car je ne peux vivre sans soleil, je suis comme un reptile j’ai besoin de sa chaleur et de sa lumière pour vivre, lorsque je ne le vois pas et qu’il fait froid je meurs de l’intérieur. Par contre si la saison devait correspondre à ma personnalité je dirai le printemps avec ces changements de temps brutaux mêlant le froid glacial, la chaleur, le renouveau mais aussi la tristesse des paysages encore endormis.

Un leurre qui t'a marqué en particulier ?

Je ne prête que très peu d’importance aux leurres car pour moi le plus important n’est pas le leurre mais plutôt la façon de comprendre le milieu. Pourtant je dois dire que certains leurres sont depuis toujours présent dans mes boites et je les redécouvre tous les jours un peu plus, dans ce sens je dirai que le shad Cane Thumper BBB m’a particulièrement marqué de par sa qualité de nage, de finition et surtout de par les résultats hallucinants que j’ai pu avoir avec.

J’ai aussi redécouvert les forme fin-s avec le jerk shad qui pour le coup se comporte totalement différemment des autres, sa souplesse le fond vibrer tel un shad et en pêchant à la volé les résultats sont impressionnants.

 
Les qualités primordiales chez un pêcheur selon toi
Les qualités primordiales chez un pêcheur sont nombreuses et variées mais pour moi l’aptitude à comprendre le milieu dans son ensemble est la clef de la réussite. Au-delà du fait de comprendre la vie des poissons, il faut s’intéresser à la nature pour savoir quelles sont les règles qui la régisse et ainsi pouvoir en déduire le comportement du poisson que l’on pêche à l’instant T.

 

Si tu étais un défaut de Matthias

Si je devais choisir un défaut je serai la capacité de se détacher de tout pour tenter d’avoir un point de vue globale vierge de tout sentiment, certain appellerai ça le sens de l’observation mais l’observation est régie par des règles, des expériences vécues c’est pourquoi je parlerai plutôt de contemplation. En un sens c’est une qualité mais je ne suis pas sûr que la société le voit ainsi…

 

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Si tu étais une qualité de Matthias

Il faudrait demander aux autres, je ne peux être objectif.

 

L'homme que tu admires le plus...

Je n’admire et je ne fais confiance à aucun homme, seul la nature me rend contemplatif car contrairement aux êtres humains ses règles sont simples et claires. Comment admirer une forme de vie qui passe le plus claire de son temps à la détruire ? Je ne peux et je ne m’y résoudrai jamais et si on y réfléchis un peu on se rends bien compte que depuis que l’homme est homme il a lui-même défini des règles qu’ils n’a jamais su respecter…

Ton état d'esprit en ce moment ?

Frustré d’avoir fini si mal ma saison de pêche, j’aurai aimé avoir encore un peu de temps pour tester toutes les nouveautés cannes, moulinets et leurres souples mis à disposition par mes nouveaux sponsors leurre de la pêche et Big Bite Baits. En effet ça fait un mois que la pêche est bien difficile et j’ai une fois de plus raté le coche puisque lors des dernières belles journées de pêche j’étais en chine pour le travail.

Impatient de pêcher le bass qui devrait bientôt commencer à pointer le bout de son nez. Comme tous les ans le début de saison est un moment magique pendant lequel on applique toutes les choses qui nous ont hanté pendant les longs mois d’hiver, c’est le moment de craquer et de sortir les nouveaux jouets avec de bonnes surprises en perspectives notamment avec les nombreux modèles BBB destiné à la base pour le bass.

Une devise dans la vie ?

Bats toi pour ce qui est juste et non pour ce qu’on te dit être juste.

Ton dernier souffle sur cette terre

Je dirai seul bien sûr… même si ça semble évident car quoi qu’il arrive on meurt seul face à soi-même. Dans ma vision utopique je ne serai pas très vieux, calme, serein et isolé au milieu d’un cadre naturel vierge de toute intervention humaine.

 

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Un coup de cœur et un coup de gueule

Un coup de cœur pour l’AAPPMA de Hourtin qui a su se battre et qui a réussi à faire voter des mesures de protection telle que la maille de la perche à 25 cm et le no kill sur le black bass. J’irai plus loin puisque pour une fois une AAPPMA à su faire cavalier seul car ses convictions ne correspondaient plus à celles imposées par une fédération de pêche ne cherchant qu’à rallier tout le monde à « SA » vision de la gestion halieutique. On peut rendre hommage à son regretté président M.RENARD et son président actuel Thomas Fevrier pour leurs engagements et leur sens des responsabilités car ce qui importe c’est la protection du milieu que l’on gère et non de suivre aveuglement une politique de gestion généralisée.


Un coup de gueule, tu sais que je suis capable de t’en faire un bouquin, mais pour rester dans le contexte de la pêche et surtout de la gestion je dirai que j’ai de plus en plus de mal à accepter le fait que la gestion des milieux en France soit gérée par une bande d’incompétents qui n’ont qu’un objectif en tête à savoir « exister » en la politique. L’enjeu, il n’y en a qu’un, préserver le milieu mais ça ne les intéressent aucunement. Ils nous prennent pour des cons et ce qui est le plus triste dans tout ça, c’est que nous ne sommes pas foutus de nous unir pour nous faire entendre, chacun y va de son intérêt personnel et surtout personne n’est prêt à aller au bout des choses. On scie la branche sur laquelle on est assis, on voit bien qu’elle va péter mais la seule solution qu’on ait  trouvée c’est pousser son collègue pour qu’il se casse la gueule de la branche…

 

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La pire/plus belle/ancienne/première/terrible/surprenante histoire de pêche qui te viens en premier à l'esprit...

J’ai passé tant de moments au bord de l’eau et j’ai donc tant d’histoires heureuses, dramatiques, surprenantes à raconter. Si je devais me lancer là-dedans je pourrai en faire des pages et des pages, comment choisir la meilleure, la plus surprenante, la plus belle, la plus juste ?


A chacune de mes sorties je re-vis la plus belle histoire, la plus mauvaise et mais à chaque fois c’est une histoire nouvelle ou différente et je pense que c’est ça qui me fait aller à la pêche. Au-delà de la contemplation de la nature, de la technique ou de l’esprit de compétition il y’a aussi le partage avec des proches, des rencontres, des amis. Le souvenir le plus ancien et le plus beau que j’ai de la pêche est une image du jour qui se lève sur l’Argence, mes petits pieds dans des bottes, assis sur une pierre au milieu de l’eau, une canne au coup bleu ciel dans la main, un flotteur vert et un asticot blanc comme esche. A mes côtés, mon père qui prépare une amorce pour les ablettes, l’odeur est très marquante et elle est gravée à jamais dans ma mémoire. Le flotteur trésaille et s’enfonce et d’un coup d’un seul, de ce miroir sort un poisson plein de vie que je suis capable de voir et de toucher, c’est absolument magique.


Aussi loin que je puisse remonter dans mon esprit je ne me suis jamais senti aussi bien qu’à ce moment-là et pour rejoindre la question précédente c’est dans cet état d’esprit que j’aimerai pousser mon dernier souffle...

 

Mille mercis pour cet belle Interview Matthias. N'hésitez pas à vous rendre régulièrement sur son blog, il transpire la camaraderie et la passion à des kilomètres ! 

 

 

lfj

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