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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 14:14

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Si il y a bien un trait de caractère qui s'adapte à tous les types de pêcheurs que nous rencontrons en france, c'est bien l'élitisme.

 

Petit rappel... L'élitisme est une attitude qui consiste à favoriser l'accession des personnes jugées comme étant les meilleures et qui tend à défavoriser la masse. Le mot élitisme est un néologisme, et n'a pas de définition officielle. Il peut être aussi utilisé en synonyme de snobisme.

 

N'avez vous jamais ressenti une volonté de la part d'une communauté de pêcheurs, de se démarquer d'une supposée autre catégorie ? Afin d'amorcer le débat, commençons par quelques exemples concrets que nous numéroterons cas 1,2 et 3.

 

Cas n°1: Les pêcheurs pratiquant le no kill se mettent volontairement en marge de ceux qui ne le pratiquent pas, les excluant ici et là des manifestations qui suivent leurs propres idées.

 

Cas n°2: Les pêcheurs à la mouche qui ne jurent que par le fouet semblent souvent peu aptes à valoriser un poisson pourtant relâché avec la plus grande précaution mais... pris avec une technique différente que la leur.

 

Cas n°3: N'oublions pas ceux qui ne voient leur faculté de prendre du poisson à la pêche que part la possession matérialiste de divers engins rattachés à une éthique et une pratique. Comme l'appartenance d'un bateau qui tend à discréditer ceux qui pratiquent modestement la pêche du bord.

 

Oui, c'est un fait, notre petit monde de la pêche est régi de ces communautés qui ne veulent pas se mélanger. Et je suis certains que les cas allant dans ce sens sont nombreux.

 

Dérive d'une évolution/regression sociale du comportement humain ou volonté certaine de se démarquer des autres pour valoriser ses propres actes ?

 

Avant d'aller plus loin, posons nous déjà la question: Nous considérons-nous, oui nous-même, comme des élitistes ? Pour ma part je n'ai pas mis longtemps à trouver la réponse, je pratique, et j'assume l'élistisme au quotidien lors de mes sorties au bord de l'eau. Je pense d'ailleurs que je ne partage mes parties de pêche qu'en compagnie de gens au comportement élitiste qui de part leurs actes et leur façon de penser se fondent dans mon préconçu de la pêche sportive.

 

Explication, ressenti...

 

Fameux cas n°1 que voilà, je pense que je me retrouve dans cette configuration presque à chacune de mes sorties... Quel comportement adopter face à des individus que l'on voit écailler un poisson non maillé au bord de l'eau alors que nous prenons un soin infime à ne pas les blesser ? Que répondre à toutes les affirmations infondées quand on vous interpelle à proximité de la mise à l'eau sur l'extermination du Silure ? Serait-il fair play, d'un point de vue objectif par rapport aux poissons et à nos collègues pêcheurs de leur indiquer les lieux où nous avons relaché notre dernière belle prise ?

 

La fracture en France entre pratiquants du catch & release et préleveurs grandit de jour en jour. Ces deux mondes s'ignorent encore aujourd'hui et les débats houleux lors des assemblées générales des AAPPMA ne font qu'empirer les choses dans bien des cas. Je me rapelle de cette action que j'avais à la truite dans la thiérarche ardennaise, les poissons étaient si beaux et en quantité... Puis le bouche à oreille à vite rammené une mauvaise "clientèle" en nombre qui de part son idéologie, a simplement eu raison de mes persévérances, j'ai lâché les armes et j'ai préféré partir avant que le dégout ne l'emporte sur tout. Ces gens là ont-ils pratiqué l'élitisme ? Non... ils sont venus avec leur "droit de pêcheur" pour défoncer "ma" rivière, sans scrupule, sans gêne, sans rien...

 

Certes l'élitisme que nous pratiquons, nous pêcheurs sportifs, nous permet de préserver la qualité de nos lieux de pêches, j'ai encore lu récemment qu'une figure de la pêche du jura avait refusé un reportage sur une chaine télévisée pour conserver son trésor, si précieux à ses yeux à côté de l'éventuel accroissement de sa côte de popularité. Mais l'élitisme ce n'est pas que ça et il faut bien l'admettre.

 

http://storage.canalblog.com/61/79/489209/59192411_p.jpgPêche de l'espadon sur des lignes à main au large de Madagascar

 

Que dire du sentiment que je ressens quand je croise le regard brillant de mon ami Eric sur l'eau lorsque nous avons une conversation avec un pêcheur qui n'est là que pour le fruit de sa pêche... Je dois dire que s'en est même jouissif tant nous nous estimons intellectuellement au dessus de ces pratiquants dans la façon d'aborder et de pratiquer notre passion.

 

Ils recherchent le fruit d'une bonne pêche, nous recherchons un cheptel halieutique perrein et de qualité. J'aime a schématiser cette idée sur l'image de la pomme: Donnez une pomme à deux hommes, l'un d'entre eux va la manger pour soulager sa faim, l'autre va s'abstenir de la consommer et donner naissance à un pommier, puis un verger. Je vous laisse imaginer, quelques années plus tard, lequel de ces deux hommes aura la plus belle collection de pommes...

 

Nous ressentons la jouissance de se sentir tant en décallage avec le côté basique d'une bonne pêche au posé. Joussif simplement d'avoir le sentiment d'avoir appris beaucoup de choses et de rester discret alors que ceux qui en parlent à corps et à cris ne vivent leur passion que sur des suppositions et des rapports subjectifs.

 

"Les brochets ne mordent pas, en ce moment ils mangent des feuilles", "Les silures ont été rammenés d'afrique", "Vous tuez les poissons avec vos hélices de bateau" etc... nos bons clichés français aussi traditionnels et archaïques soient-ils, me feront toujours autant sourire. Tant que nous serons minnoritaires par rapport à ces gens, je ne me vois pas mener une guerre idéologique perdue d'avance pour changer les mentalités et préfère conserver fièrement mon élitisme avec mes trésors.

 

Toutefois, il existe de plus en plus en france certains bastions, où les pêcheurs que nous sommes deviennent petit à petit majoritaires, marginalisant à l'inverse, les préleveurs... et imposant petit à petit leurs idées.

 

Mais extrapolons un peu cette situation idéale de poissons en abondance avec des pêcheurs tous respectueux les uns autant que les autres...

 

L'autre jour, j'ai fais un rêve... nous étions en 2050, 200 pêcheurs sur un lac très bien géré à tous relâcher nos poissons, à tous pêcher avec la même technique... aucun de nous ne se démarquait des autres. Nous avions à l'évidence perdu notre élitisme et je me retrouvais ainsi, un pêcheur parmis tant d'autres pratiquant une gestion supposée parfaite du cheptel halieutique, mais je n'en étais pourtant pas plus heureux... On s'ennuyait fermement de cette incapacité à ne pouvoir se démarquer, ressentir le sentiment d'appartenir à une communauté au sein d'une communauté.

 

Voilà qui nous ammène à notre cas n°2. Vous aurez bien compris que cette démarcation que prennent certains pêcheurs aux leurres, se retrouve dans le monde de la pêche à la mouche. Les moucheurs sont en fait dans un deuxième degré d'élitisme, celui de s'imposer des contraintes de savoir-faire, de connaissance et de technicité afin de parvenir à prendre du poisson.

 

Techniquement et en terme de rendement, nous sommes obligés de leur donner raison. Un débutant pourra leurrer une truite avec une cuillère alors qu'il rencontrera beaucoup plus de mal pour faire dériver la bonne immitation de sedge dans la bonne file d'eau.

 

Mais est-ce une raison pour autant de ne pas mélanger ces deux mondes puisqu'en terme de gestion, ils défendent la même idée ? ont les même projets ? Une fois encore, je pense que certains estiment avoir parcouru un cheminement qu'ils veulent exposer au grand jour en "snobant" le reste de la communauté. C'est le plaisir de vouloir être un incompris, d'appartenir à une catégorie supérieure de pêcheur.

 

Celà nous ammène à notre dernier cas, le cas n°3.

 

J'ai déjà rencontré tant de gens qui ne juraient que par les statistiques, "prendre toujours plus", "toujours plus vite" et "toujours un peu plus loin..." Tu ne pêches pas en bateau ? tu es un rigolo... Cet élitisme matérialiste a déjà bien traversé les ages mais je crois qu'il n'a jamais été aussi présent qu'aujourd'hui dans notre passion, il y a les pros, les amateurs et les "débutants", euh non... il faut plutot dire les ignards...

 

 

 

Je fais parti de ceux qui pensent que la pêche doit rester une activité que l'on pratique à son image tant que le poisson est respecté et son éventuel prélèvement réfléchi. Quand j'ai commencé la pêche, je me suis vite aperçu qu'un débutant sans technique et matériel particulier pouvaient prendre le poisson de sa vie au troisième lancé...

 

J'ai trouvé ça simplement magique...

 

Voilà qui rééquilibre la situation et nous ammène à une possible conclusion...

 

Nous nous entêtons, tous pêcheurs que nous sommes, à être élitistes les uns par rapport aux autres et pourtant, très souvent la pêche nous rapelle qu'elle est en grande partie composée de chance et d'opportunisme, aussi simpliste et loin de toute notion de castes qui organisent et composent notre passion.

 

L'élitisme communautaire de la pêche en France est donc à mon sens un mal pour un bien, il a toujours existé et il se doit d'exister. A ceux qui se sentent souvent délaissés par les autres, ne lachez rien, vivez votre passion avec vos idées et pas avec les leurs. Sachez tirer le positif tout ça, il y a beaucoup de chose à jeter mais il y a aussi beaucoup de choses à apprendre, puis à s'apprendre...

 

Voici donc l'angle sous lequel j'aborde la question, je tiens à préciser, si vous ne l'avez pas bien saisi, que je ne mets en avant aucune individualité mais uniquement un comportement communautaire que nous avons depuis des décennies.

 

La parole est à vous si vous souhaitez réagir.

 

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Published by So Many Fish - dans Speech of the Week
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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 08:00

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Depuis plusieurs années, les compétitions street fishing se multiplient rencontrant un véritable succès croissant et un engoument non dissimulé.

 

Aujourd'hui, après plusieurs saisons de Street, peux-ton déjà tirer des conclusions ? Peut être pas..., mais on peut au moins attester de plusieurs symptomes qui touchent les "street fisher" d'aujourd'hui, ici nous allons parler de la prise de risque, la peur de passer au travers...

 

Certes le pêcheur au bord ne peut pas se munir du même "arsenal" q'un pêcheur en bateau ou en float tube, mais avez vous en mémoire un street fisher ayant fait toute une compétition avec une canne de type MH ou pire même une H !? La réponse est non.

 

Vous trouverez dans leurs mains, très souvent, un combo typé rock fishing, pouvant lancer au grand maximum un leurre accusant le poids de 12 grammes. Forcément ce type de matériel ammène à faire du poisson juvénile en nombre mais où est passée la recherche des poissons adultes à points ? Peut-on encore considérer que ce mode de pêche ammène à une prise de risque ?

 

Ou est-ce simplement le système de comptabilisation des points qui n'est pas adaptés et n'encourage pas ces prises de risques ? J'ai le souvenir de plusieurs pêcheurs ayant réussi à faire trois beaux spécimens de sandre, brochet et perche et se faisant toutefois largement dépasser au classement par des concurents ayant déjà comptabilisé plus d'une vingtaine de perche juste maillées.

 

Certes la pêche finesse est une pêche spectacle, les prises sont nombreuses mais les poissons bien souvent de taille plus que modeste.

 

Le dernier Street Fishing AFCPL de Lyon en est la preuve même, un record de points atteind pour le vainqueur, attestant d'un nombre de prises encore jamais connu pour un gagnant sur ce système de comptabilisation. Des gros poissons ? non il ne s'en est pas pris. Et pourtant le secteur pêché est réputé pour son potentiel en poissons reproducteurs, les concurents ne l'ont simplement pas cherché, la clé du succès n'était pas là.

 

Soyons patients, attendons de voir le monde du street fishing évoluer, modifiant petit à peitt sa réglementation et faisant la part belle à ceux qui prennent des risques et qui réussissent.

 

Rappelez vous la victoire des Grecs à l'euro 2004 de Foot ou encore la victoire de L'Inter de Milan face à Barcelonne en demi finale de la ligue des champions (toujours en foot). Un jeu très risqué, basé sur quelques coups d'éclat qui au final ont réussit à leur pratiquant.

 

Personnelement, j'espère que les compétitions halieutique de demain donneront plus de place aux pratiquants de la prise de risque ou comment réaliser un hold-up à la dernière minute sur un poisson trophée alors que l'on a rien touché depuis le début pendant que les pratiquants de la coutume habituelle prenaient des dizaines de perches, essayant tant bien que mal de rentrer quelques poissons maillés.

 

Attention, je ne discrimine pas la pêche Finesse qui reste une pêche très intéressante et très complexe quand on s'y intéresse de plus pret, je pense juste que tout celà manque un peu de suspens, de spectacle.

 

A titre d'exemple, quelques uns des derniers défi predators dans le sud ouest ont démontré que le suspens pouvaient exister devant la balance, que quelques gros poissons pouvaient tout changer au dernier moment, démontrant que ce principe n'est pas un rêve mais qu'il est bien réalisable.

 

Je vous laisse vous faire votre avis, le Street Fishing est-il voué à être lié définitivement à la pêche finesse ?

 


 

 


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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 15:32

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Il fut un temps où je fréquentais encore pas mal assidument les forums de pêche. Si le mauvais esprit est souvent malheureusement au rendez-vous au détriment des règles de partage, on pouvait quelquefois, sur certains forums, avoir des débats intéressants.

 

Je me rappel très bien de ce débat sur l'utilisation des produits phytosanitaire dans le monde agricole et leur impact sur la qualité de nos eaux tout comme l'utilisation de l'eau en règle générale pour l'irrigation des champs.

 

Si, à mon sens, le méfait des produits chimiques balancés dans les champs n'est plus à démontrer, il fallait avoir le point de vue d'un agriculteur pour cerner toute la problématique du problème. Et j'ai eu la chance de pouvoir en parler (car débattre serait bien prétentieux) avec plusieurs agriculteurs, certains céréaliers, d'autres juste éleveurs...

 

Pour eux le constat était simple, il n'était plus maîtres de leur production et ne pouvait aujourd'hui, avec tous les caprices du temps et autres spéculations boursières, être certains d'obtenir un bénéfice théorique chiffré plusieurs mois à l'avance.

 

Produire plus, toujours produire plus... La quantité, voilà le maitre mot salvateur de ces "nouveaux" agriculteurs.

 

L'utilisation de fertilisants chimiques, de pesticides apparait alors comme la seule solution étant donné (et je cite) le blocage effectué par l'europe sur les OGM. Car selon eux, seuls les OGM les assureraient de réussir à part égale, leur production tout en réduisant l'utilisation de produits phytosanitaires.

 

Comment parler "Bio" et de respect de l'environnement avec des gens qui ne peuvent survivrent que par la production ? J'avoue ne pas m'être risqué sur ce débat étant donné les restrictions et la logistique que demande une ferme dite "biologique".

 

Aujourd'hui, une nouvelle réponse vient éclairer cette problématique, un documentaire sera diffusé le 17 avril sur France 2 en deuxième partie de soirée. Il explique au grand public le "piège chimique" dans lequel les agriculteurs sont englués et dont ils ne peuvent se défaire.

 

Ce document fait également état des études menées qui ont prouvé les risques pour l'homme et l'environnement de l'utilisation de tels produits chimiques. Il essaye aussi d'envisager des solutions pour stopper l'utilisation de ces produits nocifs.

 

En France, des centaines d’agriculteurs sont victimes des produits phytosanitaires que l’on croyait « anodins ».De nombreuses maladies comme la maladie de Parkinson, la leucémie, les cancers (et autres) ont été diagnostiquées sur des agriculteurs qui utilisent ces produits sur leurs exploitations depuis les années 50.


A travers ce film documentaire on apprend les histoires d’hommes atteints de maladies parfois mortelles. On nous plonge dans leur combat perpétuel pour tenter de se faire connaitre dans leur travail et pour faire reconnaitre leur maladie. Les personnes qui témoignent sont celles qui ont osé briser le silence pour dévoiler leurs tristes situations au grand jour.


Ce film dénonce donc une certaine agriculture, celle des méthodes intensives qui ont des conséquences dramatiques pour l’homme et l’environnement.


Suite notamment à l’affaire Monsanto, plusieurs agriculteurs commencent à s’organiser pour faire prendre conscience à d'autres des dangers de leur métier, et pour réfléchir à de nouvelles pratiques. Une véritable remise en cause de tout un système où des agriculteurs se retrouvent être les premières victimes de leurs propres pratiques.


Ce film aborde en fait cette méthode complètement paradoxale : Les agriculteurs sont piégés de l’utilisation intensive de la chimie qui a révolutionné leur métier. Et face à cela, beaucoup d’entre eux développent des pathologies graves.

 

Le problème est là : arrêter l’utilisation de pesticides semble extrêmement compliqué puisque les grandes firmes de pesticides ont imposé cette idée qu’aucune autre alternative n’est possible. Les agriculteurs pourraient envisager de se lancer au bio, mais cela demande des moyens colossaux que les producteurs ne peuvent pas forcément se permettre.


Aujourd’hui nous pouvons dire que les choses sont en train de changer. En effet certaines substances dangereuses ont été retirées, et les produits évoluent grâce à cette prise de conscience générale. Il reste cependant des choses à faire si nous ne voulons pas que cette épidémie se confirme pour les agriculteurs.
 
Cette vidéo de 3 minutes est la présentation du reportage diffusé le 17 avril sur France 2 en deuxième partie de soirée.

Elle donne un parfait avant-gout de ce que le téléspectateur découvrira pendant un peu moins d’une heure ce soir là…

 

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Ne vous y trompez pas, l'avenir de notre passion dépend directement d'une utilisation beaucoup plus réfléchie, étudiée et réglementée des produits phytosanitaires.

 

 

 

via agirpourlaplanete.com 

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 13:28

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Je regarde toujours d'un air plutot septique les pêcheurs qui refusent d'évoluer. Ils font ce choix plutot par rendement, pour prendre un minium de risques dans leur pêche et se contentent d'exercer les techniques qu'ils maitrisent ou qu'ils pensent maîtriser.

 

Si je prenais en photo certains pêcheurs de ma région, je crois que des années plus tard je serai simplement incapable de pouvoir en donner la date, tant les techniques utilisées, la mentalité et l'éthique adoptées appartient à un ancien temps.

 

C'est ce genre de pêcheur qui font perdurer les mythiques histoires halieutique à dormir debout, racontant au troquet du coin des histoires grosses comme eux, et qui pourtant traversent les âges....

 

L'autre jour, lors d'une promenade, Eric m'a donné un bouquin, il s'agissait du Traité de pêche à la ligne de Pierre DELOCHE, un des ouvrages français  les plus anciens sur la pêche de loisir. Après sa lecture intéressante, j'ai fait quelques recherches sur cet ouvrage pour m'apercevoir que sa première date de publication remonte à 1897 !

 

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1897... Une époque où la nature avait encore sa place dans la vie quotidienne des hommes, une époque où nos rivières se portaient bien; loin de toutes nos pollutions et bactéries actuelles. D'ailleurs, ce livre ne fait à aucun moment état de la présence du sandre et encore moins du silure. Les pêches dans les lacs artificiels, les cannaux n'existaient pas encore. La pêche se résumait très souvent à une aventure au bord de la rivière ou une promenade en famille sur les quelques étangs des riches propriétaires.

 

C'est la pêche dans son essence même, avec ses lettres de noblesse qui transpire de ce bouquin et à sa lecture, on peut se rendre compte, avec ironie,  que la mentalité de certains pêcheurs d'aujourd'hui, n'a guère évoluée...

 

Préface....

 

 

La pêche à la ligne est un des passe-temps des plus en vogue. Délassant, peu dispendieux, fertile – quoiqu’en puissent dire les sceptiques ignorants – en fortes émotions, il fait la joie du travailleur, non moins que du rentier, du bourgeois, voir de l’homme d’art ou de science.

 

Il serait facile de donner ici le nom des célébrités qui n’ont pas dédaigné cette occupation, dite frivole, par les gens à raisonnement court et à plaisanteries faciles. D’aucuns – non des premiers venus – ont brisé des lances en l’honneur de la pêche, Alphonse Karr, par exemple, qui se demande quelque part, s’il est vraiment plus intelligent de passer ses journées, ses soirées dans des salons ou cabarets sans air à crier « Cœur – pique –trèfle – carreau – atout – je coupe – je passe, etc. »

Mais dans ce livre, nous n’avons pas l’intention de polémiquer : nous ne cherchons pas non plus à faire des prosélytes. Notre but consiste, tout simplement, à donner aux pêcheurs novices les conseils les plus propres à les transformer en lignards expérimentés. Et si notre bouquin tombe dans les mains d’une de ces derniers, nous ne craignons pas de l’inviter à nous lire ; peut être trouvera-t-il dans ce traité quelques aperçus nouveaux dont il fera bon profit.

 

Ceci dit, et sans plus de discours, nous allons rentrer de plein pied dans la pratique.

 

Déjà à l'époque certaines régles de bon sens (qui ne sont pas toujours respectées encore aujourd'hui) étaient mises en avant.

 

Beaucoup de pêcheurs, dans l’espoir de capture davantage, tendent plusieurs lignes; ce système est mauvais, car on ne peut les surveiller comme il convient et pratiquer en temps l’opération délicate du ferrage.

 

Il est également intéressant de voir que l'homme, dans le monde de la pêche, a toujours su sectariser ses pratiquants.

 

"Il y a ceux qui savent et ceux qui désirent savoir pour imiter ceux qui savent"

 

Dès qu'un pêcheur a le sentiment de s'être approprié et de maîtriser une technique, il distribu volontier des conseils aux débutants qui daigne bien l'écouter ou alors il reste mûré dans son silence de peur de voir d'autres pratiquants lui piquer ses lieux , appâts et techniques secrets.

 

A l'époque, seuls quelques lecteurs pouvaient ainsi "s'abreuver" des conseils donnés chèrement dans un ouvrage à 30 centimes de franc. Mais aujourd'hui, combien de "pseudo-pêcheurs" exposent leur point de vue au monde entier ?

 

En quelques secondes, via internet, un novice peut trouver plus d'informations qu'un homme a mis plus de 30 ans à récolter en ce début de 20ème siècle... Ont-ils vraiment conscience de la facilité qui leur est offerte ? Le pêcheur qui découvre les choses par lui-même n'a t-il pas un sens halieutique beaucoup plus développé et juste ?

 

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Beaucoup de choses ont changé c'est évident, mais nos espèces de carnassiers éndémiques sont pourtant toujours là.

 

Le brochet était à l'époque la quête ultime du pêcheur de carnassier. Ne pouvant être pêché que du bord par le commun des pêcheurs, ce poisson trophée tenait une place de rang et sa recherche dans les rivières françaises ammenait très souvent à la déconvenue comme l'explique l'auteur.

 

Le Brochet, qu'on surnomme "le noble", est le grand vorace des fleuves et rivières. Le capturer est un exploit, aussi tous les pêcheurs grands ou petits, rêvent-ils d'inscrire une telle prise sur le livre d'or de leurs hauts faits.

 

Pendant l'été, on ne doit pas songer à s'emparer du brochet, à moins que l'on ne connaisse a peu près exactement l'emplacement de son antre.

 

A l'époque, bien que le brochet était grandement considéré, il n'était pas question de caresser l'idée du no-kill et de la pêche sportive. La pêche restait un loisir qui devait "rapporter" et elle n'était pratiqué que dans cette mesure.

 

Tout à coup, votre flotteur fait un franc plongeon !... Patience!... Ne ferrez pas encore, attendez ! Voilà donc le brochet avec votre appât dans le fond de la gorge.

 

Le brochet ayant, en somme, une touche assez rare, peu de pêcheurs le poursuivent exclusivement.

 

Lorsque vous avez pris un noble ou requin d'eau douce -  ainsi qu'on apelle le brochet - ayez une extrême prudence en lui elevant l'hameçon du gosier. Le brigand a la vie tenace; ses redoutables mâchoires peuvent se refermer sur vos doigts, peut être les couper, en tout cas, les mutiler gravement. Si vous continuez la pêche, le meilleur serait de vous servir d'un autre hameçon et ne retirer celui avalé que plus tard.

 

La perche semble être à l'époque le carnassier le plus répendu en France. Au début du 20ème siècle, certains pêcheurs font également état de véritable carton de perche sur des techniques verticales.

 

Soyez toujours prudent quand vous retirez le fer de la bouche de la perche, car cet animal a la vie très dure, et comme il est puissament armé, il pourrait vous blesser.

 

La brève analyse de la pêche sportive m'a particulièrement fait sourire, à l'évidence il n'était recherché à l'époque que le fruit de sa pêche et je doute que ces hommes arriveraient à comprendre l'éthique qui nous pousse au bord de l'eau et rallume sans cesse la flamme de notre passion.


La perche se prend également au poisson artificiel et à la cuiller. L'ennui de cette méthode, c'est qu'on est continuellement obligé d'imprimer au leurre un mouvement de va et vient, ce qui est fatiguant, d'autant plus que la perche ne vient que très lentement à cet appât.

 

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Un autre point intéressant est indéniablement l'approche du poisson le plus opportuniste de nos eaux: le chevesne. Qui pêche encore le chevesne à "l'ancienne" aujourd'hui ? Peu de monde. Pourtant la pêche du chevesne à l'époque est déjà fortement intéressante. Les pêcheurs qui la pratique ne le font que par amusement étant donné les pauvres richesses gustatives de l'annimal. De plus, à l'époque ce poisson est le seul "carnassier" qui ne demande pas le sacrifice d'un autre poissonet. Une sorte d'approche du No Kill.


Le chevesne et beaucoup d'autres poissons sont friands de la chenille, mais comme il n'est pas toujours facile de s'en procurer, et qu'il faut une grande habileté des mains pour la fixer à l'hameçon, sans la vider, nous n'en conseillons pas l'emploi.

 

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Pour la pêche au chevesne, l'abeille est un appât irresistible. Mais cet insecte est tellement utile que son emploi à la pêche est regrettable; de plus, s'en rendre maître est souvent dangereux.

Nous donnerons, néanmoins, les instructions suivantes qui peuvent s'appliquer aussi aux insectes similaires.

 

L'abeille doit être servie au chevesne dans sa pose normale, c'est à dire comme lorsqu'elle fait une chute dans l'eau et qu'elle se débat pour regagner la rive; pour cela, fixer la pointe de l'hameçon en arrière de la tête, pour la faire glisser ensuite dans l'intérieur du corselet et lui donner issue à la partie postérieure de celui-ci; l'ardillon reste visible, mais comme il se confond avec la couleur brune de l'abeille, il n'éveille pas l'attention du poisson qui mor dans ce cas franchement. Le numéro 9 pour la pêcher avec l'abeille est largement suffisant et répond à toutes les exigences.

 

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Pour un plat de hannetons, le chevesne ferait des basesses; les pêcheurs avisés, désireux de pêcher à fleur d'eau, auront donc soin, au moment où les hannetons sont en abondance de s'emparer de quelques-uns de ces insectes qui feront merveille lors de l'ouverture de la pêche; car ils sont à ce moment absolument introuvables.

Le hanneton se fixe à l'hameçon de même manière que l'abeille mais il est bon d'employer du numéro 8.

 

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La limace grise, que l'on trouve en abondance pendant l'automne, est un excellent appât pour le chevesne.

Si on pouvait s'en procurer en totues saison, ce poisson lui ferait toujours un favorable accueil; malheureusement, ce n'est que vers l'automne que l'on trouve cet appât.

Pour en cueillir en quantité, levez-vous un peu avant le soleil et rendez-vous dans un pré nouvellement fauché: vous n'aurez "qu'à vous baisser pour en prendre".


Si le matériel utilisé en cette fin de 19ème siècle est plutot rudimentaire, le pêcheur est déjà à la recherche de la solution, de l'appât miracle qui facilitera ses prochaines sorties de pêche.

 

Ce comportement est intéressant à souligner car des nombreux pêcheurs sont encore à la recherche aujourd'hui, à chaque nouvelle saison de pêche, du fameux leurre révolutionnaire, de la nouvelle technique ou technologie qui facilitera la résolution de l'équation de prendre du poisson.

 

Cette recherche perpétuelle est en fait expliquée par la volonté de l'individu d'en savoir toujours un peu plus, développer sa curiosité et ses connaissances pour ne point se reposer sur ses acquis.

 

L'appât Chinois, comme son nom l'indique, nous vient de la Chine où il fait merveille, assurent quelques voyageurs. Il n''est autre que l'essence de santal. Certains pêcheurs français prétendent avoir obtenu de bons effets, en aromatisant, avec cette essence leurs esches et amorces. Les expériences auxquelles nous nous sommes livrés n'ont pas confirmé cette affoemation. Serait-ce que les poissons européens n'ont pas les mêmes goûts que leurs congénères asiatiques ? Nous laisson le soin au lecteur de faire des expériences plus approfondies, si toutefois, il ne trouve pas l'emploi d'un tel produit trop coûteux.

 

Je donnerai cher pour redécouvrir mes rivières, 100 ans en arrière, grouillantes de vie et resplendissantes de santé, une baguette de noisetier à la main à essayer de leurrer mes chubbs adorés avec du pain...

 

"C'était mieux avant" continuent de s'esclafer les anciens au bord de l'eau, acteurs d'une génération qui n'a rien fait pour nos cours d'eau....

 

Messieurs je suis d'accord... la Nostalgie, c'était mieux avant... aussi...


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Published by So Many Fish - dans Speech of the Week
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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 08:00

« Tant qu'il y a du fil dans l'eau, il y a de l'espoir » me répétait mon père à mon plus jeune âge sur les bords du Thin, un vers de terre esché maladroitement et promené hasardement le long d'une souche.

Vite, j'ai alors compris que la pêche c'est un peu la vie qui suit son cours..., des déceptions, de la persévérance, des espoirs et des récompenses..., en somme ce qui forge une âme.
Puis au « fil » des années, les péripéties de la vie s'accumulèrent, des êtres chers sont partis et ne reviendront pas... mais la pêche restera toujours là, pour me rappeler à mon bon souvenir d'enfant insouciant qui a su vieillir et murir comme mes techniques et mes choix au bord de l'eau.

Pêcher : A chaque sortie, remettre tout en question, faire le bilan des acquis et des subtilités du jour, tout est question d'éthique, d'humilité et de recherche. Viser constamment le Graal qui récompenserait l'approche de la journée. Il n'y a alors aucune compétition en dehors de l'eau, être et se sentir simplement hors du temps.

Quand viendra le temps où pêcher ne m'intéressera plus forcément...

Quand je désirerai faire « piquer » un poisson à un bambin, qui, bien des années auparavant, promenait hasardement un vers de terre esché maladroitement le long d'une souche, voyait en cette truitelle le poisson de sa vie éternelle...

Quand viendra l'heure de quitter cette si belle terre et de respecter finalement le cycle de la vie...

Alors avant de rendre mon dernier soupir, je repenserai à ces milliers de poissons que je n'ai pas pris le temps de prendre...


So many fish, so little time (tant de poissons et si peu de temps...)

 

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 11:18

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Celà fait des heures que je suis sur l'eau, que je n'ai pas touché un poisson...


Certes, la journée est difficile, les poissons peu actifs... une belle prise aujourd'hui la rendrait exceptionelle tant la barre est haute pour déclencher une attaque.


Mais ais-je la bonne technique ? Suis je vraiment dans le vrai ? Ou est-ce que je suis en train de faire est tout simplement inutile et voué à l'échec ?


Voilà une inconnue de plus à l'équation très complexe d'attraper du poisson régulièrement et en quantité, la faculté du changement, de l'adaptation.


Car oui en effet, j'ai constaté, sur des pêcheurs débutants, des pêcheurs plus que confirmés et surtout moi même que nous tombons régulièrement par facilité dans un défaut, celui de faire ce que l'on sait déjà faire, ne laissant aucune place à l'improvisation.


Faire ce qu'on sait déjà faire ? C'est reconstituer, imiter une technique qu'un de nos proches a déjà pratiqué à nos côtés ou que nous avons appris en nous documentant sur internet ainsi que dans queqlues revues halieutiques. C'est aussi reconstituer une somme de facteurs techniques qui nous ont déjà rapporté une prise.


Certains pêcheurs maniaques supersticieux en sont même à utiliser le même fluoro, la même agraffe et bien sur le même leurre que lors de leur précédente session, sans qu'à un moment donné, ils aient pris le temps d'observer autour d'eux pour remettre cette inconnue en question.


Les pêcheurs débutants vont eux reproduire des schémas qu'on leur a enseigné, bêtement et simplement. Il faut dire que souvent, le contenu de leur boîte de leure n'autorise pas trop d'écarts et les quelques minnows et crank qui se battent en duel dans la petite boîte à sandra Delalande ne pourront proposer que l'action qu'il sont en mesure d'apporter.


Comment faire une généralité des conseils donnés sur certains DVD et autres médias ? Les grosses perches des lacs landais au stickbait de 15cm faisant la couverture des plusieurs magazines ou un brochet d'1m20 pris sur un shad de 15cm par 15m de fond en lac alpin ? Trouver le leurre déclencheur de l'attaque de ces carnassiers est une nécessité certes, mais arriver à trouver la technique ammenant a ce déclencheur en est une autre.


J'ai souvenir d'un simple bac à vache prêt de chez moi, où j'avais réintroduit quelques gardons qui se sentaient bien car se reproduisaient d'années en années, à ma grande surprise étant donné la faible tenance en protéines de cette baignore naturelle. Un jour, j'ai monté un hameçon n°16 doré sur ma ligne et je le faisais aller de droite à gauche sans aucun appât juste sous la surface... à ma stuppeur les prises s'enchainaient sans cesse, j'avais mis le doigt sur le déclencher du milieu, une pauvre et rudimentaire imitation de larves de moustiques, assez présentes dans ce bac. Mes pauvres asticots faisaient pâle figure une fois plongés dans ce trou, présentés comme une espèce exotique pour le milieu, et n'avaient guère de succès auprès des gardons de belle taille...


Si la faculté à s'adapter à l'alimentation du poisson le jour où nous pêchons est une chose, savoir adopter la technique la plus à même de lui présenter un leurre dans les meilleurs conditions en est une autre. Je viens de prendre un poissons sur un cranking très lent, ok mais est-ce vraiment un début de pattern que je viens de trouver ? Ou est-ce simplement un coup de chance sur un poisson opportuniste ? Dailleurs à ce sujet, à partir de combien d'attaques comptabilisées peut on considérer que l'on vient de mettre le doigt sur un pattern ?


Le pattern c'est en fait croire en l'adaptation de sa technique sur un milieu et que le leurre que nous utilisons nous rapporte des résultats. En réalité un pattern doit se sentir et non s'attendre, il faut être "dans la conviction de" avant de procéder à son premier lancé et non de lancer un leurre au hasard en espérant de passer devant un poisson actif.


Car oui il faut, avant de chercher le pattern, être convaincu que le leurre que nous allons utiliser va statistiquement, dans le temps où nous pratiquons cette technique, être à portée d'attaque de la part d'un poisson. C'est une première étape primordiale.


Et là bien sûr, beaucoup vous nous démontrer par un exemple qu'il garde très bien en mémoire, qu'un pattern peut se trouver hazardement. Mais c'est faux, les statistiques parlent en défaveur de cette théorie et il ne faut pas oublier que dans le milieu de la pêche de loisir, beaucoup établissent une généralité à partir d'un seul et unique exemple.


L'expérience faisant, ce sont ces même pêcheurs, qui vont mûrir, et découvrir que des mêmes poissons, sur un même poste à quelques heures d'intervalle sont capables de déjouer tous leurs plans et d'écrouler toutes leurs pseudos-certitudes.


Il n'y a pas de pattern magique, il y a juste une somme de facteurs qui vont être plus ou moins efficaces en fonction des poissons que nous recherchons, de leur humeur et de la configuration des lieux dans lequel ils sont pêchés à l'instant T (nous faisons ici abstraction de l'inconnue qui réside à présenter correctement le leurre et à déclencher l'attaque, celà dans le but de synthétiser, simplifier l'équation de la faculté à l'adaptation du pêcheur).


Et si les spots que je pêche presque tous les week ends n'avaient encore pas dévoilés tous leurs secrets ? Et si depuis tant d'années je suis passé à côté de poissons trophés qui n'attendaient bêtement que je pose, un shad de 10 cm à mes pieds...


La vérité n'existe pas dans la pêche et si le sens de l'eau est une chose, un atout, un don que l'on ne peut pas enlever à certains pêcheurs, la faculté à casser ses propres certitudes apparait comme un véritable mur que certains ne pourront jamais franchir...


Les meilleurs pêcheurs (j'entends les plus polyvalents), sont sans conteste tous des philosophes, décortiquant leurs moindres faits et gestes, prenant du recul sur eux même sans cesse.


N'oublions pas que dans la vie, tout être constitué de cellules, finit par changer...

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 20:57

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Aujourd'hui, j'ai eu des nouvelles d'un ami que je ne vois plus souvent en la personne de Jean-Edouard. J'ai passé des heures avec Jean-Ed' à échanger des histoires de chasse et de pêche, constatant que nous vouons tous les deux un amour démesuré pour la nature avant tout. Voici sa remarque: "Salut Joss, je te retrouve alors que je te trouvais perdu dans ton blog qui n'a plus l'âme que j'aimais et que tu lui avais donné. Bises..."

 

Jean Edouard n'a pas tord, pudiquement je ne m'adresse plus à vous cher lecteur comme je suis en mesure de le faire, non pas que je ne prends plus la peine d'exposer mes idées mais que je souhaitais par soucis de diversité, intéresser un lectorat plus important et peut être moins passioné j'en conçois... De quoi parle t-on ici ? De pêche sportive aux leurres je pense non ? Je pense qu'il est bon une nouvelle fois de réaffirmer mon détachement complet avec tout ce monde marketing qui régi désormais notre passion mais qui ne régiera jamais ce blog et mon partenaire Goodrig est un des premiers à comprendre cette façon de penser.

 

A plusieurs reprises, j'ai eu l'occasion de débattre sur mon choix de pêche: la pêche sportive aux leurres. De nombreux pêcheurs (et j'y inclu quelques copains) ont parfois du mal à comprendre mon acharnement dans cette pêche, en particulier dans la recherche du sandre lorsque j'enchaîne bredouille sur bredouille alors que certains se satisfont de pêches correctes à l'aide d'appats vivants.

 

 

leurre Nom commu masculin

  1. (Fauconnerie) Morceau de cuir rouge en forme d’oiseau, dont les fauconniers  se servaient pour appeler les oiseaux de fauconnerie lorsqu’ils ne revenaient pas au réclame.
    • Jeter le leurre en l’air.
    • L’oiseau étant réclamé fond sur le leurre, vient au leurre.
    • Dresser un oiseau au leurre.

  2. Toute chose dont on se sert artificieusement pour attirer quelqu’un et le tromper.
    • On vous promet cet emploi, mais c’est un leurre.
    • Il ne se laissera pas prendre à ce leurre.

  3. (Pêche) Appât artificiel imitant un insecte ou un petit poisson, fixé à une ligne de pêche pour attirer le poisson.
    • On trouve dans cette boutique une extraordinaire variété d'appâts, d'esches, d'amorces et de leurres ; de quoi satisfaire le pêcheur le plus exigeant.

  4. (Militaire)  Dispositif de contremesure.

 

Au delà du fait de désirer pratiquer un no-kill intégral et réfléchi (non utilisation de vifs) la pêche sportive aux leurres c'est avant tout ressentir la satisfaction de leurrer le poisson, en fait c'est même toute la base de cette pêche si on souhaite réellement la comprendre.

 

Dans ce sens, je tiens à vous faire part d'un extrait de l'ouvrage "la nymphe à vue" écrit de Jean Claude DUFOUR assez explicite sur le sens de "leurrer" le poisson.

 

« Il est important ne de pas exagérer la capacité intellectuelle du poisson, car on a trop entendu dire que c’est un animal « intelligent », « rusé» « roublard ». Lorsqu’un poisson avec un tel super cerveau refuse le leurre d’un pêcheur (lequel suppose que celui imite bien son modèle), ce dernier tend à croire que l’animal trop intelligent pour être abusé. Il n’en est rien. Les poissons recherchent un type de proie qu’ils identifient par des caractéristiques agissant comme des déclencheurs. S’ils ignorent la mouche artificielle, c’est simplement parce que celle-ci ne présente pas tous les déclencheurs que le cerveau du poisson recherche. Il est donc peut être plus judicieux de repérer ces déclencheurs et de réaliser des mouches imitatives sommaires en y ajoutant ces déclencheurs, plutôt que de copier « bêtement » les structures naturelles d’une mouche servant de modèle. »

 

Extrait lui-même d’un Guide de pêche à la mouche américain.

 

Vous aurez compris que cette règle est tout autant applicable pour la pêche aux leurres et s'il y en a bien un qui symbolise tout cet exposé, c'est bien la cuillère tournante ou alors peut être un petit minnow de Lauri Rapala, point d'encrage d'un monde qui a bien changé.

 

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On estime que le premier vrai minnow, appelé "The Original" a connu son premier modèle en 1936 (cf photo ci dessus), d'un petit morceau de bois flottant, Lauri Rapala venait de créer plus qu'un leurre, un état d'esprit qui perdure encore aujourd'hui.

 

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Pourquoi reprendre l'exemple de Rapala ? Car je ne peux m'empêcher aujourd'hui de constater avec amusement comment certains pêcheurs ont évolué parallement au développement économique de leur passion.

 

Ce n'est que 1974, soit pret de 30 ans après la naissance du premier "Rapala original" que la société a pu lancer ses premières opérations marketing.

 

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30 ans... une éternité en comparaison au rythme de news que nous devons tenir ici pour avoir votre attention. Chez So Many Fish, nous avons un taux de rebond compris entre 50 et 60% de nos visiteurs quotidiens. Soit prêt de 200 internautes qui viennent sur la page d'accueil, constatent que rien n'a changé puis repartent, tout ça en moins de quelques secondes. Je crois qu'on en est là, toujours plus, toujours plus vite, plus beau, plus innovant...


 

J'avoue que ça en devient lassant mais tout est mis en scène pour créer ces pêcheurs consommateurs et beaucoup d'entre eux rentrent dans la file et suivent le troupeau. Où est passé la simple envie de prendre un poisson ? Il faut du matos qui brille et surtout pas de rayures sur le blank de la canne, imaginez si ça se voyait sur les photos !!

 

Il n'y a pas plus tard que deux jours, un simple pêcheur, à priori complètement détaché professionellement du monde de la pêche, me reproche de mettre en ligne sur ce blog une photo trouvée sur internet, sur un site publique, bref une photo comme il en existe des millions. J'avoue que la critique m'a assez surpris mais elle est peut être symptomatique du monde de la pêche au leurre aujourd'hui. Certains d'entre nous ont comme un sentiment d'appartenance envers une marque, des produits... Je déplore d'ailleurs le nombre de blogs de "petits pêcheurs" non sponsorisés qui se prostituent littéralement pour ces marques, t-shirt, casquette, tout est d'équerre, tout est "parfait" visuellement, ce qui en dit long sur la conviction de ces pratiquants.

 

Où est passé simplement le plaisir de prendre du poisson avec des leurres, de continuer d'exercer cette duperie halieutique simplement sans strass, ni paillettes, ni mauvais esprit... J'aimerai vous trouver une marque qui a décidé de reverser un pourcentage de son chiffre d'affaire, (même aussi minime soit-il) pour la préservation du milieu aquatique, je vous jure que j'aimerai... mais je ne trouve pas et j'espère être ignorant et me tromper sur ce point.

 

Mais Rapala dans tout ça me direz vous ? Rapala n'a fait que vous suivre, toujours plus vite... en suivant cette cadence infernale de catalogues, salons, import... la machine infernale continue...

 

 

 

 




Tu sais mon cher Lauri, je ne sais pas si tu apprécierais ce qu'est devenu tout ce petit monde mais ce qui est sûr c'est que de l'eau a coulé sous les ponts depuis que tu nous a quitté et à la vitesse où celle-ci se dégrade et continue de se dégrader, je ne suis pas vraiment sûr que tu rêverai d'y lancer une nouvelle fois le fruit de ton imagination...
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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 21:06

http://idata.over-blog.com/3/04/70/09/FESTI2010/europeche/logov2jpeg500.jpg

 

En tant que petits gars du nord est, on ne peut que se réjouïr de cette bonne nouvelle. En effet, le prix Carnavenir 2011 revient à l'AAPPMA du lac de la foret d'Orient, un titre qui vient récompenser des années d'efforts et de communication de la part de ses bénévoles. Voici le mot du président suite à cette récompense.

 

Le président des lacs de la forêt d’Orient recevra lors du salon dédié à la pêche de Clermont-Ferrand le 15 janvier prochain, le prix Carnavenir 2011 « en reconnaissance de la gestion moderne et volontaire que vous appliquez sur les domaines dont vous avez la charge ». Chaque année, l’association Carnavenir attribue un prix ainsi qu’un chèque de 500 euros à une association de pêche. Une reconnaissance du travail accompli et des nombreuses mesures prises en assemblée générale pour soutenir et améliorer la biomasse piscicole.

Ce trophée qui fait honneur à notre association, je tiens personnellement à l’attribuer à vous tous, qui au cours des ces dernières années, ont soutenu notre politique de gestion et les mesures mises en place pour conduire nos lacs à une situation qualitative et quantitative. Ce n’est pas une reconnaissance à votre président et au conseil d’administration car nous ne sommes que les acteurs de ce renouveau, mais bien la vôtre pour vos efforts, votre sens de la responsabilité et votre dynamisme. Vous pouvez en être fiers car au-delà de nos frontières départementales, nombreux sont les présidents d’AAPPMA et les pêcheurs  qui regardent de plus prêt nos mesures et leurs conséquences sur la biomasse piscicole. J’émets modestement le vœu que d’autres dirigeants associatifs marchent dans nos pas, afin que le potentiel halieutique de nos territoires soit optimisé. C’est à mon sens la condition nécessaire pour que les pêcheurs reprennent du plaisir et que nos effectifs reprennent des couleurs. Les pêcheurs des lacs d’orient l’on fait et même ceux, hier récalcitrants, adhèrent aujourd’hui à cette évolution soucieuse de préserver notre patrimoine, notre richesse, en un mot notre héritage. Que le prix Carnavenir vienne vous conforter dans les choix difficiles que vous avez pris.

Le président
Eric BAILLY-BAZIN

 

De plus, il a été voté, lors de la dernière assemblé générale de l'AAPPMA, une dimminution des quotas de prélèvement et l'instauration d'une période de No Kill à partir du 1er Novembre et ce, jusqu'à la fermeture. Ce qui fait du lac, pendant 3 mois, une des plus grande superficie classée no kill en France rien que ça !

Tous ces efforts seront également récompensés une nouvelle fois cette année avec une date du circuit D1 AFCPL sur le lac au mois de Mai.

Bravo messieurs !

Le site de l'AAPPMA des lacs de la forêt d'Orient

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 19:10

http://a6.idata.over-blog.com/3/04/70/09/FESTI2010/europeche/logov2jpeg500.jpg

 

 

Bon... rassurez-vous, on ne va pas vous obliger à écouter ou à chanter la chanson de Cabrel intitulant cet article. Ce billet, c'est juste pour vous rappeler que continuer, ou commencer, à prendre vos cotisations dans les associations Black Bass France et Carnavenir est simplement vitale pour ces deux associations.

http://www.achigan.net/images/avatars/gpe7-1222707395.jpgAujourd’hui, le visage de la pêche de loisir est en plein changement, mais il reste encore beaucoup de travail.

Les actions menées çà et là ne restent plus dans l’ombre et ne sont pas vaines ! C’est en unissant nos forces que l’on va dans le bon sens, il reste utilie de le rappeler chaque année.

La Fédération nationale, L’ONEMA, ont des interlocuteurs à qui parler, mais aussi des avis à écouter, et si ce travail n’est que très peu médiatisé, c’est que les dossiers, bien souvent sensibles, avancent à petit pas et la discrétion reste de mise.

Si comme moi, votre temps pour l’implication physique reste compté (méa culpa), l’implication matérielle, elle, ne prend que 5 minutes, alors n’hésitez plus ! Adhérez ! Deux ou trois leurres, achetés, en moins sur une saison ce n’est vraiment pas grand-chose, et croyez-moi, la gente piscicole vous le rendra au centuple.

 

Ne laissez pas mourir nos associations !

 

ludo

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 15:00

http://somanyfish.free.fr/blog/sapin_mouche.jpg

 

Toute la team vous souhaite de passer un joyeux noël auprès des votres et des gens qui vous sont chers. Nous espérons que Santa Clauss aura, malgré la conjoncture économique difficile, pris le soin de vous gater au pied du sapin.

 

En parlant de sapin, mon ami Eric a encore pris soin de le décorer cette année, un humour bien à lui dont je ne me lasse pas !

 

http://somanyfish.free.fr/blog/sapin_eric.jpg

 

Joyeux noël à tous !

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