Overblog Tous les blogs Top blogs Maison, Déco & Bricolage Tous les blogs Maison, Déco & Bricolage
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

So-many_fish.com est un site consacré à la pêche sportive aux leurres et à la mouche prônant le respect du poisson avant tout. Plusieurs rédacteurs passionnés étalent ici leur humeur, leurs astuces, leurs poissons, leur vie...

Publicité

Sotw #13# : 120 ans de pêche en France

photo-1-copie-2.JPG

 

Je regarde toujours d'un air plutot septique les pêcheurs qui refusent d'évoluer. Ils font ce choix plutot par rendement, pour prendre un minium de risques dans leur pêche et se contentent d'exercer les techniques qu'ils maitrisent ou qu'ils pensent maîtriser.

 

Si je prenais en photo certains pêcheurs de ma région, je crois que des années plus tard je serai simplement incapable de pouvoir en donner la date, tant les techniques utilisées, la mentalité et l'éthique adoptées appartient à un ancien temps.

 

C'est ce genre de pêcheur qui font perdurer les mythiques histoires halieutique à dormir debout, racontant au troquet du coin des histoires grosses comme eux, et qui pourtant traversent les âges....

 

L'autre jour, lors d'une promenade, Eric m'a donné un bouquin, il s'agissait du Traité de pêche à la ligne de Pierre DELOCHE, un des ouvrages français  les plus anciens sur la pêche de loisir. Après sa lecture intéressante, j'ai fait quelques recherches sur cet ouvrage pour m'apercevoir que sa première date de publication remonte à 1897 !

 

photo-2.JPG

 

1897... Une époque où la nature avait encore sa place dans la vie quotidienne des hommes, une époque où nos rivières se portaient bien; loin de toutes nos pollutions et bactéries actuelles. D'ailleurs, ce livre ne fait à aucun moment état de la présence du sandre et encore moins du silure. Les pêches dans les lacs artificiels, les cannaux n'existaient pas encore. La pêche se résumait très souvent à une aventure au bord de la rivière ou une promenade en famille sur les quelques étangs des riches propriétaires.

 

C'est la pêche dans son essence même, avec ses lettres de noblesse qui transpire de ce bouquin et à sa lecture, on peut se rendre compte, avec ironie,  que la mentalité de certains pêcheurs d'aujourd'hui, n'a guère évoluée...

 

Préface....

 

 

La pêche à la ligne est un des passe-temps des plus en vogue. Délassant, peu dispendieux, fertile – quoiqu’en puissent dire les sceptiques ignorants – en fortes émotions, il fait la joie du travailleur, non moins que du rentier, du bourgeois, voir de l’homme d’art ou de science.

 

Il serait facile de donner ici le nom des célébrités qui n’ont pas dédaigné cette occupation, dite frivole, par les gens à raisonnement court et à plaisanteries faciles. D’aucuns – non des premiers venus – ont brisé des lances en l’honneur de la pêche, Alphonse Karr, par exemple, qui se demande quelque part, s’il est vraiment plus intelligent de passer ses journées, ses soirées dans des salons ou cabarets sans air à crier « Cœur – pique –trèfle – carreau – atout – je coupe – je passe, etc. »

Mais dans ce livre, nous n’avons pas l’intention de polémiquer : nous ne cherchons pas non plus à faire des prosélytes. Notre but consiste, tout simplement, à donner aux pêcheurs novices les conseils les plus propres à les transformer en lignards expérimentés. Et si notre bouquin tombe dans les mains d’une de ces derniers, nous ne craignons pas de l’inviter à nous lire ; peut être trouvera-t-il dans ce traité quelques aperçus nouveaux dont il fera bon profit.

 

Ceci dit, et sans plus de discours, nous allons rentrer de plein pied dans la pratique.

 

Déjà à l'époque certaines régles de bon sens (qui ne sont pas toujours respectées encore aujourd'hui) étaient mises en avant.

 

Beaucoup de pêcheurs, dans l’espoir de capture davantage, tendent plusieurs lignes; ce système est mauvais, car on ne peut les surveiller comme il convient et pratiquer en temps l’opération délicate du ferrage.

 

Il est également intéressant de voir que l'homme, dans le monde de la pêche, a toujours su sectariser ses pratiquants.

 

"Il y a ceux qui savent et ceux qui désirent savoir pour imiter ceux qui savent"

 

Dès qu'un pêcheur a le sentiment de s'être approprié et de maîtriser une technique, il distribu volontier des conseils aux débutants qui daigne bien l'écouter ou alors il reste mûré dans son silence de peur de voir d'autres pratiquants lui piquer ses lieux , appâts et techniques secrets.

 

A l'époque, seuls quelques lecteurs pouvaient ainsi "s'abreuver" des conseils donnés chèrement dans un ouvrage à 30 centimes de franc. Mais aujourd'hui, combien de "pseudo-pêcheurs" exposent leur point de vue au monde entier ?

 

En quelques secondes, via internet, un novice peut trouver plus d'informations qu'un homme a mis plus de 30 ans à récolter en ce début de 20ème siècle... Ont-ils vraiment conscience de la facilité qui leur est offerte ? Le pêcheur qui découvre les choses par lui-même n'a t-il pas un sens halieutique beaucoup plus développé et juste ?

 

photo-3.JPG

 

Beaucoup de choses ont changé c'est évident, mais nos espèces de carnassiers éndémiques sont pourtant toujours là.

 

Le brochet était à l'époque la quête ultime du pêcheur de carnassier. Ne pouvant être pêché que du bord par le commun des pêcheurs, ce poisson trophée tenait une place de rang et sa recherche dans les rivières françaises ammenait très souvent à la déconvenue comme l'explique l'auteur.

 

Le Brochet, qu'on surnomme "le noble", est le grand vorace des fleuves et rivières. Le capturer est un exploit, aussi tous les pêcheurs grands ou petits, rêvent-ils d'inscrire une telle prise sur le livre d'or de leurs hauts faits.

 

Pendant l'été, on ne doit pas songer à s'emparer du brochet, à moins que l'on ne connaisse a peu près exactement l'emplacement de son antre.

 

A l'époque, bien que le brochet était grandement considéré, il n'était pas question de caresser l'idée du no-kill et de la pêche sportive. La pêche restait un loisir qui devait "rapporter" et elle n'était pratiqué que dans cette mesure.

 

Tout à coup, votre flotteur fait un franc plongeon !... Patience!... Ne ferrez pas encore, attendez ! Voilà donc le brochet avec votre appât dans le fond de la gorge.

 

Le brochet ayant, en somme, une touche assez rare, peu de pêcheurs le poursuivent exclusivement.

 

Lorsque vous avez pris un noble ou requin d'eau douce -  ainsi qu'on apelle le brochet - ayez une extrême prudence en lui elevant l'hameçon du gosier. Le brigand a la vie tenace; ses redoutables mâchoires peuvent se refermer sur vos doigts, peut être les couper, en tout cas, les mutiler gravement. Si vous continuez la pêche, le meilleur serait de vous servir d'un autre hameçon et ne retirer celui avalé que plus tard.

 

La perche semble être à l'époque le carnassier le plus répendu en France. Au début du 20ème siècle, certains pêcheurs font également état de véritable carton de perche sur des techniques verticales.

 

Soyez toujours prudent quand vous retirez le fer de la bouche de la perche, car cet animal a la vie très dure, et comme il est puissament armé, il pourrait vous blesser.

 

La brève analyse de la pêche sportive m'a particulièrement fait sourire, à l'évidence il n'était recherché à l'époque que le fruit de sa pêche et je doute que ces hommes arriveraient à comprendre l'éthique qui nous pousse au bord de l'eau et rallume sans cesse la flamme de notre passion.


La perche se prend également au poisson artificiel et à la cuiller. L'ennui de cette méthode, c'est qu'on est continuellement obligé d'imprimer au leurre un mouvement de va et vient, ce qui est fatiguant, d'autant plus que la perche ne vient que très lentement à cet appât.

 

photo-4.JPG

 

Un autre point intéressant est indéniablement l'approche du poisson le plus opportuniste de nos eaux: le chevesne. Qui pêche encore le chevesne à "l'ancienne" aujourd'hui ? Peu de monde. Pourtant la pêche du chevesne à l'époque est déjà fortement intéressante. Les pêcheurs qui la pratique ne le font que par amusement étant donné les pauvres richesses gustatives de l'annimal. De plus, à l'époque ce poisson est le seul "carnassier" qui ne demande pas le sacrifice d'un autre poissonet. Une sorte d'approche du No Kill.


Le chevesne et beaucoup d'autres poissons sont friands de la chenille, mais comme il n'est pas toujours facile de s'en procurer, et qu'il faut une grande habileté des mains pour la fixer à l'hameçon, sans la vider, nous n'en conseillons pas l'emploi.

 

doc-163.jpg

 

Pour la pêche au chevesne, l'abeille est un appât irresistible. Mais cet insecte est tellement utile que son emploi à la pêche est regrettable; de plus, s'en rendre maître est souvent dangereux.

Nous donnerons, néanmoins, les instructions suivantes qui peuvent s'appliquer aussi aux insectes similaires.

 

L'abeille doit être servie au chevesne dans sa pose normale, c'est à dire comme lorsqu'elle fait une chute dans l'eau et qu'elle se débat pour regagner la rive; pour cela, fixer la pointe de l'hameçon en arrière de la tête, pour la faire glisser ensuite dans l'intérieur du corselet et lui donner issue à la partie postérieure de celui-ci; l'ardillon reste visible, mais comme il se confond avec la couleur brune de l'abeille, il n'éveille pas l'attention du poisson qui mor dans ce cas franchement. Le numéro 9 pour la pêcher avec l'abeille est largement suffisant et répond à toutes les exigences.

 

beeeem.jpg

 

Pour un plat de hannetons, le chevesne ferait des basesses; les pêcheurs avisés, désireux de pêcher à fleur d'eau, auront donc soin, au moment où les hannetons sont en abondance de s'emparer de quelques-uns de ces insectes qui feront merveille lors de l'ouverture de la pêche; car ils sont à ce moment absolument introuvables.

Le hanneton se fixe à l'hameçon de même manière que l'abeille mais il est bon d'employer du numéro 8.

 

leurre-flottant-microbait-hanneton-z-534-53444.jpg

 

La limace grise, que l'on trouve en abondance pendant l'automne, est un excellent appât pour le chevesne.

Si on pouvait s'en procurer en totues saison, ce poisson lui ferait toujours un favorable accueil; malheureusement, ce n'est que vers l'automne que l'on trouve cet appât.

Pour en cueillir en quantité, levez-vous un peu avant le soleil et rendez-vous dans un pré nouvellement fauché: vous n'aurez "qu'à vous baisser pour en prendre".


Si le matériel utilisé en cette fin de 19ème siècle est plutot rudimentaire, le pêcheur est déjà à la recherche de la solution, de l'appât miracle qui facilitera ses prochaines sorties de pêche.

 

Ce comportement est intéressant à souligner car des nombreux pêcheurs sont encore à la recherche aujourd'hui, à chaque nouvelle saison de pêche, du fameux leurre révolutionnaire, de la nouvelle technique ou technologie qui facilitera la résolution de l'équation de prendre du poisson.

 

Cette recherche perpétuelle est en fait expliquée par la volonté de l'individu d'en savoir toujours un peu plus, développer sa curiosité et ses connaissances pour ne point se reposer sur ses acquis.

 

L'appât Chinois, comme son nom l'indique, nous vient de la Chine où il fait merveille, assurent quelques voyageurs. Il n''est autre que l'essence de santal. Certains pêcheurs français prétendent avoir obtenu de bons effets, en aromatisant, avec cette essence leurs esches et amorces. Les expériences auxquelles nous nous sommes livrés n'ont pas confirmé cette affoemation. Serait-ce que les poissons européens n'ont pas les mêmes goûts que leurs congénères asiatiques ? Nous laisson le soin au lecteur de faire des expériences plus approfondies, si toutefois, il ne trouve pas l'emploi d'un tel produit trop coûteux.

 

Je donnerai cher pour redécouvrir mes rivières, 100 ans en arrière, grouillantes de vie et resplendissantes de santé, une baguette de noisetier à la main à essayer de leurrer mes chubbs adorés avec du pain...

 

"C'était mieux avant" continuent de s'esclafer les anciens au bord de l'eau, acteurs d'une génération qui n'a rien fait pour nos cours d'eau....

 

Messieurs je suis d'accord... la Nostalgie, c'était mieux avant... aussi...


Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article